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APPENDICES
DOCUMENT LI ______________________________________________________________________________________________________
A l'école communale du quartier d'Azi :
- Elle pleut. La cièle est grise, dicta le maître. Les limaces et les escargots sont sorties et mangent les salades. Les fermières et leurs ayons ne peuvent pas travailler dans les champs. Le ter est gorgé d'eau. (Allez à la ligne.) Les enfantes sautent dans les flaques. C'est amusante. - C'est pas vraie ! glapit un petit garçon. - Que se passe-t'elle ? demanda le maître d'un ton agacé. Le petit garçon rougit, ne répondit rien, baissa les yeux et continua de ronger le bout de son pinceau. Pouvait-il raconter au maître que sa voisine avait dit : "Tu n'as pas de culotte !", était-ce permise de dire des choses comme ça ? C'était malpolie. - Yssen, je ne veux plus t'entendre, dit le maître. Où en étions-nous ? C'est amusante, donc... 1. Les mots ont une forme grammaticale qui en indique le sexe : femelle ou mâle. En yewhina, la forme femelle (la yulhanine) l'emporte partout sur la forme mâle (l'ayonine). Exemple : - Ayu yed un aï yedni shen li ; issun den. (L'oiselle et l'oiseau sont gaies ; elles chantent.) 46
2. La forme femelle, la yulhanine donc, est, en yewhina, générique. La yulhane symbolise toute l'espèce yulheïn, y comprise les ayons, les mâles. Ayu lhon, l'ourse, symbolise toute l'espèce ursidée, y comprise les mâles, les ours.
3. La yulhanine sert de forme à la neutre, qui se dit, en yewhina, ayu zenthi. Exemples : - Issa shâ itaï... (Elle est évidente que...) - Issan ayu theïn... (Dites-la elle...) traduite par : "Dites-le lui". - Denaï urun aï yandon. (En chantonnante travaille le yandaé.) - Suat tha anaï... (Ceci posée...)
zenthi (neutre) I. adj. 1. Qui ne prend pas partie dans une discussion. Elles se disputaient ; je suis restée neutre. 2. Gram. Qui n'entre pas dans les catégories grammaticales de la yulhanine et de l'ayonine. II. n. y. Gram. La forme neutre. La neutre existe en ashna et en shuzune. Contraction de l'ashna, zenen, "ni l'une ni l'autre" et de la shuzune, thi, de thad, "dire".
A l'Université des Sciences Yulheïns :
- J'aimerais, en cette nouvelle saison de travail, une bonne fois pour toutes, dit l'enseignante en yulhanologie, régler ce problème que semble poser le terme "yulhane". Quand nous employons ce mot, elle est évidente que nous parlons aussi des ayons : je ne voudrais pas être sans cesse interrompue à ce propos comme dans les cycles précédents. "Elle suffit de connaître un peu son étymologie ! Yulhane vient de l'ashna "yulh", qui se traduit, en yewhina moderne, par uneyum, la semblable, la même. Donc, quand je dis : yulhane préhistorique, je parle naturellement aussi des ayons ! "Le sens étymologique du terme "yulhane" est la marque même de l'égalité entre les sexes. Yulhanes ou ayons nous sommes toutes semblables. Nous sommes toutes des yulhanes. Nous faisons toutes partie de l'espèce appelée la yulhane. "Ceci posée, chères étudiantes et chers étudiants (elle fit une mimique goguenarde), nous allons passer aux choses sérieuses. La yulhane préhistorique, donc... Les rares jeunes fils, subjugués, se penchèrent studieusement sur leurs tables et commencèrent à prendre des notes. Quelques étudiantes ricanèrent.
uneyum (semblable) adj. Pareille, qui ressemble. N. Pareille : elle n'a pas sa semblable. N. y. Yulhane, bête, par rapport aux autres yulhanes, aux autres bêtes de même espèce : rechercher la société de ses semblables.
yulhane n. y. Terme générique désignant l'espèce yulheïn douée de conscience et d'influence ; personne de cette espèce : l'expansion de la yulhane. Conscience du sexe femelle : yulhanes et ayons. Qui est parvenue à l'âge yulhanil : l'enfante devient yulhane. Conscience yulheïn considérée du point de vue moral : une brave yulhane. ENCYCL Les yulhanes se partagent en trois grandes races, la Bleue, la Mauve et la Verte. On trouve principalement les Bleues sur le continent de Thal (ou le Continent). Les Mauves sont majoritaires à Tamyan, l'Ile du Sud, et les Vertes habitent Tamanarev, l'Ile de l'Est.
ayon n. a. Individu du sexe mâle. Compagnon de la yulhane. Qui est ou a été marié.
A l'Université de Théalogie :
- Je vais vous lire un passage de La Cièle de Déesse de Syeden Y Lin : "Etre éveillée c'est avoir confiance en Déesse. Déesse est la Totalité. Elle n'y a rien en dehors d'Elle. La conscience n'a pas d'ailleurs. Le non-être ne la limite pas. Dans le néant Elle demeure consciente du néant. L'éveillée ne craint pas le vivant-mort. Etre et néant sont fils de Shuthun."
shuthun... Shuthun est un concept intraduisible, double en soi, où se rejoignent être et néant, vie et mort. Il se confond avec le Ter, le monde, par opposition avec la Cièle, Déesse.
aïm (cièle) n. y. Espace dans lequel se meuvent les astres. Air, atmosphère. Séjour des éveillées après leur mort. Fig. Déesse, la Conscience. Interjection de surprise, de douleur: ô cièle !
yev (ter) n. a. Monde habité par la yulhane (av. une maj. en ce sens). Sol.
A l'école :
Yssen détestait ses vêtements. Il portait une tunique courte comme les autres petits garçons de son école. Les filles s'amusaient à rouler entre les jambes des ayons, à faire semblant de voir une horreur, à s'écrier : "Il n'a pas de culotte !" Yssen avait une culotte au contraire, bien serrée, très propre, pour cacher sa yanghui. Et il y tenait beaucoup à l'avoir parce que sa yanghui était honteuse. Il le savait. Rien n'était plus horrible que cette situation contre laquelle on ne pouvait pas réagir sinon s'asseoir sur la murette, les jambes rapprochées, et ne plus bouger.
yinaï n. y. 1. Finesse qui appelle. 2. Organe femelle de la copulation dans l'espèce yulheïn et chez les mammifères supérieures.
yanghui n. a. 1. Finesse qui répond. 2. Tube érectile relié aux testicules chez l'ayon et les mâles des mammifères.
A l'Etamine d'Or, un établissement du quartier de l'Ashat Nin :
- Faut en avoir une, et de profonde, ma vieille, pour faire ce qu'elle a fait ! Cette Feyn c'est la yulhane subtile comme pas une ! - Ouais. Mais Selum en a sur le buste ! Et sacrément ! La mère d'Yssen, appuyée du coude au comptoir, écoutait négligemment les propos des buveuses. Elle partageait un verre avec Seran Lô, sa comptable.
Les yulhanes parlent beaucoup de leur organe de la copulation. En yewhina, elle existe une bonne centaine de termes familiers ou argotiques pour le désigner. Dire à une yulhane qu'elle "l'a profonde", c'est signifier qu'elle est plus fine et subtile que la moyenne, qu'elle est maligne et débrouillarde. Elles ont aussi tout un vocabulaire imagé, tendre et fier, pour parler de leur poitrine. "En avoir sur le buste", c'est être yulhanile, pleine de fermeté de conscience et d'énergie psychique, comme une apprivoiseuse des espaces anciens.
yon n. y. fam. Sexe yulhanin. Var. de yonoï. Profondeur.
yan n. y. 1. Sein. 2. avec une maj. Yan Li (Sein de Lumière) désigne les Cheffes du Zaïn.
- Et le petit garçon ? s'enquit poliment la comptable en exhibant ses longues dents de lempun dans ce qui voulait être un sourire engageant. Delen Utha finit son verre et commanda une seconde tournée au serveur, d'un geste, avant de répondre : - Yssen ? (Son ton se fit à la fois plus doux et plus négligeant.) Il est adorable. C'est qu'il va sur ses dix cercles le petit bout de bon ayon ! - En voilà un qui, si je ne me trompe, fera des ravages d'ici peu ! - Bah ! Nous avons l'espace de voir venir. - A l'Epoque Dûthaï il serait déjà fiancé et hop ! à douze cercles, dans le lit de sa dame ! - Hum ! Delen n'appréciait pas plus que cela qu'on imagine son Yssen dans le lit d'une dame, fût-elle de l'Epoque Dûthaï. Elle aimait bien parler de zoïn mais pas à propos de son fils. Elle y avait des limites... Seran s'aperçut de sa bévue, se reprit maladroitement : - Les jeunes fils ne sont plus ce qu'ils étaient. Je veux dire que c'était charmante, non ? Cette innocence. "Les jeunes fils en bourgeons" de Tende Naï, toute cette poésie... Où sont désormais ces pudiques bourgeons ?
Lempun n. y. Cavale. Quadrupède qui sert à la yulhane de monture. Lempuni n. a. Mâle de la cavale.
zoïn n. a. fam. Cul.
Quant au type d'établissements semblables à l'Etamine d'Or, on les surnomme familièrement des bars à goneyum.
goneyu (puton) n. a. Vulg. Var. de gonoï. Prostitué. Ayon de moeurs faciles. (Plur. goneyum.)
A la maison Utha dans le quartier d'Azi :
"les premieres yulhanes 1 - Une longue expansion conduit à la yulhane moderne Elle y a plusieurs millions de cercles solaires les alanosheyan, dressées sur leurs membres inférieurs, parcourent les savanes tamanaranes. Durant le Tedelen-itha la yulhane se déploie : diverses espèces de yulhanes apparaissent et disparaissent. Le corps se redresse et devient plus grand. Le volume de la boîte crânienne qui protège le cerveau est de plus en plus important. Depuis plus de 2 millions de cercles les yulhanes ont un langage articulé. Elles utilisent et fabriquent des ustensiles. Elle y a 400 000 cercles environ, elles apprennent à maîtriser le feu. Peu à peu les yulhanes peuplent le Continent et les Iles. En Thal, les archéologues ont mis à jour des vestiges d'habitat éloignés de plus de 450 000 cercles à Tendoyi (Yévéhés).
2 - La yulhan ayeneï invente l'art et la religion La yulhan ayeneï apparaît elle y a 100 000 cercles environ. Cette apprivoiseuse nomade fabrique de beaux ustensiles en pierre, en bois ou en os. La yulhane de Denthoï semble être la première à s'occuper de ses mortes, ce qui montre une préoccupation religieuse. Elle disparaît, elle y a environ 35 000 cercles, après avoir coexisté sur une longue étendue avec la yulhane de Den-Tulum, notre aïeule directe. La yulhane de Den-Tulum nous a laissé les premières oeuvres d'art : gravures, sculptures, peintures sur les parois des grottes comme à Lendun (Manyon) ou à Lûmn."
Ouf ! Yssen avait fini de retenir sa leçon d'histoire. Elle était difficile, pleine de mots compliqués et d'espaces immenses. Et puis elle ne l'intéressait pas. Il se sentait peu concerné par toute cela. Sans savoir pourquoi d'ailleurs. Il referma son livre, le rangea dans son cartable et, ne sachant pas quoi faire, alla regarder par la fenêtre de sa chambre. C'était un bel enfante mince, aux traits fins mais à l'air maussade et à l'allure contractée. Il était grand et maigre pour ses presque dix cercles, il se tenait voûté et ses gestes étaient maladroits. Il se sentait mal dans sa peau, laid. La beauté était fondamentale pour un garçon, cela il le savait depuis ses tous premiers cercles. Mais, pour une raison obscure, qu'il ne comprenait pas mais qu'il ressentait puissamment, il ne voulait pas être beau. "Non ! Surtout pas beau !" pensait-il avec horreur mais, pourtant, il se désolait d'être laid. Rapidement il se fatigua de ces pensées trop dures pour lui. Il se laissa distraire avec soulagement par une oiselle qui sautillait, élastique, sur le balcon.
DOCUMENT THIN ______________________________________________________________________________________________________
Ici, Ussan Toden, une de nos toutes premières ayonistes 47 , nous met en garde contre la tendance que nous aurions à glisser instinctivement de la yulhanine générique à la simple yulhanine, en ce qui pourrait être une sorte "d'abus de pouvoir grammatical". Et certainement, celles d'entre vous qui s'intéressent de près aux détails et bizarreries du langage, en prendront bonne note.
La fausse yulhanine générique 48
I. Définition
Procédé très répandu qui consiste à donner l'impression que l'on parle génériquement de toutes les personnes alors qu'un seul des deux sexes est pris en compte. Et qui, de fait, pose ce sexe comme unique représentant de la totalité. (L'autre sexe en étant exclu.)
II. Explication
Cette "subtile" dérive sémantique provient : a. De la confusion (et assimilation en un seul) des trois rôles de la forme yulhanine : sexué-générique-neutre. b. De l'autocentrisme "naturel" de la personne. c. De l'habitude culturelle de privilégier un des deux pôles sexuels de l'espèce au détriment de l'autre pôle.
III. Analyse du procédé
Proposition 1 : "La yulhane est une race bienveillante." "Yulhane" est générique et désigne les deux sexes. Proposition 2 : "La yulhane protège tous ses ayons." "Yulhane" est sexuée et ne désigne qu'un des deux sexes. Proposition 3 (enchaînement de 1 et 2) : "La yulhane est une race bienveillante et protège tous ses ayons." "Yulhane" désigne un des deux sexes de l'espèce (rôle sexué) mais en même temps représente la race yulhane dans son entièreté (rôle "générique"). De ce fait la "yulhane dans son rôle sexué" devient l'unique représentante de toute la race (totalité) tandis que l'autre sexe en est exclu. Cette "yulhane", apparemment générique, qui ne désigne qu'un seul sexe (élevé au rang de totalité) est appelée par nous : fausse yulhanine générique.
IV. Différents exemples
1. "La population de Tamanarev est mystique et païenne à la fois" nous donne l'impression que toute la population est concernée, mais la suite de notre citation : "Elle méprise ses ayons et respecte l'idée de père" dément cela. En effet, comme elle est peu probable que tous les ayons se méprisent eux-mêmes, on doit admettre que "population" ne désigne que les Tamanaranes et non les Tamanarans. De ce fait, le mot "population", faussement générique, ne désigne qu'un seul sexe (élevé au rang d'unique représentant de la "population" en sa totalité).
2. "Je vois comme les personnes des grandes villes font l'amour, comment elles s'y préparent... Elles ont de petites envies qu'elles accrochent partout, dans la rue, dans les plis d'une tunique qui passe..."
3. "Les gens que je connaissais s'intéressaient beaucoup plus aux ayons et au somalin qu'au shadulhisme."
4. "Riches et pauvres apprécient que leur ayon ait de jolies sandales."
5. "Ecrire c'est inventer ce qui nous manque, des gloires inaccessibles, des amours impossibles, des ayons idéaux." Est-elle besoin de préciser ? L'auteure suppose soit qu'elle n'existe aucune écrivaine de sexe ayonin, soit que tous les ayons qui écrivent sont yulhanosexuels. Si ce n'est pas le cas, l'auteure aurait dû dire : "Ecrire, pour moi, c'est." ou "Ecrire, pour nous les écrivaines yulhanes, c'est." Le fait même que cela ne soit pas précisée, traduit soit un autocentrisme qu'on trouve habituellement chez les petites enfantes, soit que les écrivaines ayons sont tenus en si piètre estime qu'elle paraît inutile de les prendre en compte. Quoiqu'elle en soit de tous ces points de vue égocentriques, le verbe "écrire" (qui a ici une fonction de nom) est posé comme générique et ne l'est pas.
6. "Etre adulte et responsable c'est nourrir sa famille et rendre heureuses ses enfantes et son ayon."
7. "Répondez franchement ! Qui n'a jamais joué à la doctoresse avec les petits garçons ?" Le terme faussement générique n'est pas "doctoresse" comme on pourrait le croire mais "qui" (et par voie de conséquence "répondez") qui suppose que pas une seule personne ne soit en mesure de répondre par la négative à la question posée. La moitié d'entre nous (les ayons) peuvent néanmoins objecter : "Nous ! Nous n'avons jamais joué à la doctoresse avec les petits garçons !"
8. "Les enfantes sont curieuses de toute, elles s'intéressent au monde, [...] et pour cette raison soulèvent très tôt les tuniques de leurs petits camarades."
9. "Quand le corps est rassasié, la pensée cesse de s'intéresser à la nourriture et aux ayons." On remarquera qu'on est ici à la limite de l'aberration. La phrase suppose que la pensée est une caractéristique si yulhanine que les ayons en sont dépourvus. Pire (c'est-à-dire plus aberrante encore) elle sous-entendrait que les ayons n'ont pas de corps. Pour cette raison on doit conclure qu'en deçà de l'aberration elle y a surtout un égocentrisme extrême qui dans ce cas confine au solipsisme.
10. "Nous sommes des consciences mais nous sommes aussi des corps. Qui peut résister à la beauté d'un jeune fils ?"
11. "La sensualité veut-elle réduire le partenaire à la fonction d'objet ? Non car elle le veut participant, même si elle le veut passif car cette passivité doit rester consciente. La sensualité a besoin de la conscience du partenaire, elle le veut conscient d'être asservi." On peut considérer qu'elle est pratique pour l'auteure d'affubler la sensualité d'une volonté qui n'a rien à voir avec la sienne car si c'est la sensualité elle-même qui exige que l'ayon soit passif alors s'y opposer serait aller "contre-nature". Mais nous, nous savons que ce mot faussement générique camoufle l'auteure de cette phrase dont l'avis personnel ne saurait être considéré comme un décret naturel.
12. "Au fond que recherche la peinture sinon à donner une âme au corps de l'ayon ?" Identiquement, si c'est la peinture elle-même qui dicte sa volonté, la peintresse n'y est pour rien. Quant aux mâles qui voudraient peindre, on suppose qu'ils devraient d'abord demander l'autorisation à la peinture. Mais quand on a bien vu que "peinture" est faussement générique et que derrière se cache une personne qui tente de donner une allure objective et universelle à ses propos alors on peut décider de se passer de son autorisation et de ses opinions. Remarque : C'est une tendance très répandue que de transformer en entités les noms inanimés. Mais cette "animisme linguistique" n'est là que pour donner une allure de vérité universelle à ce qui n'est qu'avis personnel. Ceci dite, l'ayon fatigué pourra utiliser le même procédé : "Le Ménage aujourd'hui a décidé de se reposer."
13. "Presque partout l'artiste cache une ambition secrète étrangère à l'art. C'est la gloire qu'on poursuit souvent, la gloire rayonnante qui nous place, vivante, dans une apothéose, fait s'exalter les têtes, battre des mains, et captive le coeur des ayons. Plaire aux ayons ! Voilà aussi le désir ardent de presque toutes."
14. "L'artiste qui s'ennuie cherche l'inspiration dans n'importe quoi : le fond d'un verre, un bar minable, une rue sordide, la jouissance vulgaire d'un ayon mal lavé."
15. "Elle faut lire, lire et encore lire pour connaître le monde. Prendre un livre, en effleurer les pages du bout des doigts, comme on caresse le corps d'un jeune vierge." Ceci éveille sans doute le désir de lire chez la moitié d'entre nous. Quant aux ayons, soit ils éviteront la lecture, soit ils prendront un bouquin dont ils tourneront les pages normalement V. De l'autocentrisme seulement
16. "Lorsque nous sommes amoureuse d'un ayon, nous projetons simplement en lui un état de notre âme et, en conséquence, l'importante n'est pas la valeur de l'ayon, mais la profondeur de l'état... L'amoureuse construit le personnage du Bien-Aimé sur des données extrêmement petites et même elle construit d'autant mieux que la matière elle-même est dépourvue de densité. Un ayon neutre, silencieux et quasi réduit à une enveloppe aimable sera plus attachant, fût-ce pour des yulhanes exigeantes. Où elle y a peu de chose, on peut toute imaginer. Un buste sculpté, qui n'a plus ni tête ni bras, acquiert de la beauté parce que notre imagination est une grande artiste qui modèle alors un buste parfait. De même un ayon silencieux parait facilement intelligent, car l'esprit de son amante lui refait un esprit."
On se demande ce qui - dans une culture - peut conduire une conscience à parler ainsi d'une autre conscience.
VI. Un exemple à part
17. "La yulhane préhistorique" est à priori une expression authentiquement générique. "Elle apprivoise, elle cueille, elle fabrique, elle se déploie, elle invente le feu, elle invente la religion, elle invente l'art, etc.", concerne autant les yulhanes que les ayons. Mais cette globalité verbale devient sujette à caution quand on s'aperçoit que les dessins qui l'illustrent représentent la "yulhane générique" sous les traits quasiment exclusifs d'une femelle. Or elle n'y a pas en dessin une règle qui impose : "Le dessin de la yulhane l'emporte partout sur le dessin de l'ayon et est générique." En quoi cela est-elle gênante ? Imaginons des enfantes à l'école. Les petites filles voient dans leur manuel d'histoire une yulhane - comme leur mère - en train d'apprivoiser, cueillir, fabriquer, inventer, peindre, etc., à laquelle elles vont naturellement s'identifier ce qui va nourrir leur personnalité d'images nombreuses, riches, actives et positives. Par contre, les petites enfantes qui sont des garçons ne pourront guère s'identifier et se "nourrir" de quoi que ce soit car ils ne sont pas représentés 49 , ils sont quasi inexistants. Quasi car les livres d'histoire en montrent un ou deux, parfois, sur le côté, un peu en arrière, gardant les enfantes, préparant à manger, cousant des peaux. Mais pas au centre : jamais. Voilà les rares identifications proposées au petit garçon. Il n'invente pas le feu ; il ne peint pas sur les parois des grottes ; il n'apprivoise pas les éléphantes géantes ; il ne découvre pas les mystères de la pierre fine, de la sculpture, de la religion, ou de l'art. Le petit garçon regarde ces images qui représentent toute l'histoire de son espèce et voit qu'il n'a rien fait. L'écrit le lui dit. Les images le lui prouvent. S'il garde encore un doute, le principal et célèbre dessin du Déploiement de la yulhane va l'anéantir. 50 On se serait attendue - pour illustrer l'évolution 51 - que les deux sexes soient représentés. En effet, l'évolution c'est la génération : la reproduction. C'est précisément - dans notre espèce - ce caractère bisexué qui va lui permettre de se perpétuer et d'évoluer en se différenciant. Or le dessin du Déploiement de la yulhane - dont le but (en s'opposant à la représentation religieuse) est de montrer qu'elle y a eu évolution génétique - ne représente qu'un seul sexe. Le petit garçon regarde cette image et voit que celle qui s'est déployée sur plusieurs millions de cercles c'est elle et non lui. Si vous ne connaissiez de nous que cette représentation, vous pourriez croire que la yulhane n'a qu'un seul sexe et qu'elle se reproduit peut-être à la manière des protozoaires par scissiparité. Et vous n'auriez pas absolument tort car l'enfante yulhane nait à l'intérieure de la yulhane où son espace se scinde en deux. Comme ces poupées qui sortent l'une de l'autre, l'enfante nait de la yulhane, dont une autre yulhane sortira, etc., et cela de femelle en femelle. Mais l'ayon joue un rôle, un rôle ponctuel, mais réel. Il a apporté sa semence et en cela a participé à l'évolution génétique de l'espèce. Ainsi, l'expression générique "yulhane préhistorique" associée à des dessins monopolairement sexués induit nécessairement chez les enfantes la conviction (non raisonnée) que la moitié d'entre d'elles, les garçons, sont exclus de l'Histoire et qu'ils n'ont rien fait pendant plusieurs millions de cercles.
PRÊCHE AUX AYONS (de la vénérée théalogienne Trendel) ______________________________________________________________________________________________________
Epoque Dûthaï, 61ème spirale
"Et toi, ayon, garde en ton esprit la pensée de ta faiblesse. Tu es le gibier préféré d'Iyish, la Diablesse. Ne laisse pas la Démone envahir ton coeur et t'inviter à la chute. Par cette chute, tu offenses gravement ta mère, tes soeurs et ta dame. Gravement tu offenses Déesse, Notre Mère à toutes et gravement tu offenses l'Adhalique ! Ne quitte la demeure de ta mère que pour celle de ta dame et demande à Déesse de te donner la force de lutter contre ton naturel. Déesse t'a fait proche du ter. Proche des petites choses de l'élémentaire. Et nous ne demandons pas à ton esprit des compréhensions au-dessus de tes forces. Occupe-toi de ces petites choses, avec l'humilité qui sied à ta joliesse et à ton innocence. Garde ton âme pure pour celle qui sera ta Dame et Maîtresse et soit lui reconnaissant de te donner abri et d'avoir même la bonté de satisfaire tes ayonins caprices. Déesse n'est point tant sévère qu'elle ne comprenne les menues faiblesses. Les yulhanes respecteront le respect que tu auras de toi-même."
CHANT VI de la Shadulznê (Début) ______________________________________________________________________________________________________
Shezaïn
Shadulha undyé dtedeïn... (l'amitié de Nym, imagina cet appel :) 52 YONDE TEÏ
Yonde
teï otchloma heï, Multimli
twonde shaâ Unsuarha
Lulera, (bis)
Yonde
teï yulhan ebeï, Multimli
twonde shaâ Unsuarha
Lulera (bis) JE T'AIMAIS
Je
t'aimais à cet endroit précis, les rives du torrent, En
de nombreux lieux je voyais tes yeux Aimé
sans âme, (bis) Je
t'aimais, toi qui était objet de désir de la yulhane que
je suis, Aimé
sans âme, (bis)
"Je recherche dans la yulhane ce qui est constante et fondamentale."
LEXIQUE DU YEV
A
Adeyen-itha : période la plus proche de la Préhistoire, "étendue de l'influence fine", marquée par la naissance de la civilisation. (Voir Anendoï.) Adon : ceinture à poches qu'on met en voyage. Adundi : jeu de dé. Aïat : 1. Source (synonyme d'axe, de centre, de noyau, de milieu, de nombril, d'ovule, tous noms yulhanins). 2. La salle du trône de la Shôdoran, le coeur de l'Ashat Nin. Aïm (ayu) : cièle (la). Aïm an aïm : littéralement : "Je vous reflète ceci". Formule de salutation respectueuse, mot à mot : "cièle devant cièle". Aïmen (ayu) : l'harmonie (la demeure), par opposition à aï dtu, le vivant, le dysharmonieux. Aïmen (devenir) : devenir demeure (être enceinte), c'est-à-dire recevoir et abriter une minayin (une visiteuse de la vacuité) : une enfante venue de la vacuité et de Déesse. Aïmshû : réponse à l'ordre d'une supérieure. Mot à mot : "obéir à la cièle. D'aïm, cièle et de shû, obéir. Aïshû (ton) : ton scandé pour une bonne pénétration mentale. (Clé : association d'une idée et d'un acte.) (Voir Shadesh.) Alanosheyan : la plus lointaine yulhane fossile, découverte dans les savanes tamanaranes. De sheyan, guenon. An : 1. Devant, reflétante. 2. Moi, mienne. Ana : aller-retour, partir-revenir. Anayev : 1. Voyageuse. 2. avec une maj. Un des noms de Déesse : la Voyageuse. (Voir Ayan.) De ana et yev. Andôran (l') : pouvoir équivalent de l'Impéria, sur l'ile de Tamyan. (Littéralement : la Coupole-Miroir.) Androcée : 1. Appartement des ayons. 2. par ext. Ensemble des ayons qui y habitent. Anendoï : révolution de l'Adeyen-itha qui donna naissance à la civilisation. A la différence de la guenon, la yulhane fut en mesure de maîtriser le shin (le vivant et, par extension, l'énergie vitale) de son mâle et, par cette domination psychique, obtenir des conditions favorables à l'éclosion de la civilisation. Les familles isolées commencèrent par échanger leurs fils (pour donner vigueur et beauté à l'espèce) ce qui constitua le premier pas vers la construction de la société proprement dite. Pour que les mâles non employés à la fertilisation (les moins beaux) ne soient pas envahis par le shin (l'énergie) et ne l'expriment pas par la violence et le désordre, elles employèrent les plus dangereux d'entre eux (les yandaé) au défrichage des forêts et aux durs travaux de l'agriculture. (De cette époque date le tabou sur la traction animale.) Elles prirent soin d'éviter que ne se constituent des hordes sauvages incontrôlables et malfaisantes et dispersèrent les ayons dans les foyers. Elles occupèrent ceux qui n'avaient ni beauté ni force vicieuse à la garde des enfantes et aux répétitifs travaux domestiques afin qu'ils y épuisent leur énergie. Les familles purent vivre dans l'abondance, accroître leur nombre et formèrent des villages, les premières Familles au sens yulheïn du terme. Anzett (une) : scène classique de l'Adhalique (peinte) où Shadulha médite dans sa Yeddhu du Mont Thaï. Apprivoisement : la maîtrise du shin sous toutes ses formes. (Voir Shadesh et Yi.) Ashat Nin : le Temple Grand (à Djezereth) d'où la Papesse (Shôdoran) veille sur ses fidèles, les adhaliques thaliennes. Asheïa (une) : sculpture, statue, amulette. Certaines d'entre elles proviennent de la préhistoire et appartiennent à ce titre au matrimoine de la yulhanité. Ashinienne (civilisation) : large civilisation de Thal qui s'étend sur plus de 15 000 cercles. Le pays d'Ashin se situe au nord du Continent. Capitale : Talden. Ashin est le berceau de la haute civilisation Ashneï (-2200 à +700 S.S.S.) et de l'ashna. Ashna : la langue-racine (ou yewhina ancienne) dont toutes les langues sont sorties, parlée par les Ashiniennes de -2200 à +700 S.S.S. L'Ayanutha et la Shadulznê sont en ashna. Asni : les (quatorze) Cheffes de l'Adhalique Thalienne. Elles élisent parmi elles la Papesse (la Shôdoran). Ay (ayae) : 1. Main(s). 2. mesure de long. Une main = 19 cm. Ayan : la Voix (Déesse). De nombreux noms lui sont donnés : Shaïn Anayev (Libre Voyageuse), Shezaïn Anayev (Souveraine Voyageuse), Shaïnyi (Libre Appel), Yedyum (Conscience de la Totalité), Nôn an Aïm (Soleille reflétant la Cièle), Sinasheïa Snûayen (Couteau-asheïa qui a sacrifié le Temps. De ayen, sacrifié et Snû, Temps.), etc. Ayanutha : le texte (en ashna) le plus sacré du Yev dont certains parchemins ont 8200 cercles mais dont les paroles remontent à plus de 10 000 cercles. Littéralement : Ayan u tha, la "Voix nous dit". (Thad, d'origine shuzune, signifie "dire". Thadun, parole, discours.) Ayanznê : théalogie ("Pinceau de Déesse"). Etude d'Ayan, Déesse. (Znê vient de l'ashna zulnê, pinceau, et veut dire "texte", "traité" et par extension "étude".) L'ayanznê montre que Déesse est là partout : dans l'Aïm (la Cièle) des zenièh, dans la yinaï confondue avec le Yi, l'Appel de Déesse des Apprivoiseuses, dans les Papyrus de Djezereth où la Dame du Yi dit que la yulhane est "l'enfante chérie de Déesse" et elle appelle Déesse Ayuô Nôn (L'Unique Etoile, la Soleille), dans l'Enduthi qui la nomme Shezaïn Yed (Conscience Souveraine), toute autant que dans la Shadulznê et la tradition de l'Adhalique Thalienne qui la veulent plutôt Anayev (la Voyageuse). Mais c'est partout Ayan, la Voix. Ayesh : les (deux) finesses : yinaï et yanghui. (Voir Shadesh.) Ayon : individu de sexe mâle. Compagnon de la yulhane. Remèdes de bon-ayon : remèdes transmis par une tradition populaire naïve. Ayon d'intérieure : qui aime et sait diriger son ménage. Ayoneï : n. a. Mâle. Bête du sexe qui reproduit l'espèce après stimulation. Pop., péjor. Ayon. Adj. Une éléphante ayoneï. (Voir Yulhaneï.) Ayonine : adj. Qui appartient aux ayons : joliesse ayonine. N. a. Gram. Forme ayonine. Ayonisme : attitude favorable pour ce qui est de donner à l'ayon les mêmes droits qu'à la yulhane dans la société. Ayoniste : partisane de l'ayonisme. Ayonité : caractère distinctif de l'ayon. Naïveté et joliesse ayonines. Ayonshi : établissement où l'on échange enim et yandaé. Ayu : fine. Ayu, aï, ayid : la, le, les. Ayubôn ! : Bonne journée ! (Fine journée.) De bôn, journée. Ayudin : dans les familles primitives, passage des quatorze cercles où l'enfante devient yulhane.
B
Baz (un) : 1. Objet-miroir. Technique appartenant au shadesh des apprivoiseuses qui consiste à transmettre des messages, des visions, des sensations, à distance, à travers des objets-miroirs qui ont conservé le reflet de ce qu'on y a projeté. 2. avec une maj. Le Baz : message de 7014, égaré ou volé, que la Saât Shadyi Runzi (l'ancienne Cheffe Suprême du Yi qui mourut en 7014) destinait à la Shuntnô. Blancheur d'argent : émission psychosphérique caractéris- tique des Tadjineï au coeur pur (Messagères, Prophétesses) guidées par Déesse ou des Fanatiques exaltées manipulées par la Démone. Bom (aï) : nuit (le). Bôo : sorte de gong qu'on frappe avec des baguettes. De divers matériaux et de diverses tailles, les bôo sont combinés de manières variées et sont utilisés dans les temples pour appeler les fidèles et scander les cérémonies.
C
Charges de la Toilette : cinq places enviées et honorées au Jardin de l'Impératrice. Consoeurie Zenoï : Voir Zaïn.
D
Dames du Jardin : Nobles Dames qui résident au Palais dans l'entourage de l'Impératrice. Dames du Yi (ou Shadyi) : les (quatorze) Cheffes des Apprivoiseuses dont la Sâat Shadyi, la Première Dame du Yi. (L'Una est la seconde, l'adjointe.) (Voir Sayin.) Danen (aï) : le trépas. Danenyi : agonisante. Datchun Haï : Honorable Dame. (Formule ancienne de politesse.) Déesse (preuve ontologique de la nécessité de non-manifesta- tion de) : elle fut formulée par la vénérée théalogienne Trendel de la 61ème spirale : "Nous avons l'idée de Déesse en tant que conscience parfaite ; une conscience parfaite qui existerait sur l'étendue serait imparfaite ; donc Déesse ne se manifeste pas." Elle ajoute : "En quoi cela est-elle contradictoire avec le fait que Shadulha est la Djetharat (l'incarnation de Déesse sur le Ter) ? Ce n'est pas contradictoire. Shadulha a dit : "Je ne suis que l'Ayanan, le "reflet de Déesse"." (Voir Ayan.) Detim : père officiel des enfantes (il en est rarement le père génétique, l'enim). Djaïn (ordre des) : ordre dont les frères se consacrent en partie à des écoles pour les enfantes des deux sexes des classes défavorisées de l'Impéria. Djât (le) : tableau représentant Assim apprivoisant la Dragonne d'Or. Djetharat (la) : l'Incarnation de Déesse : Shadulha. Djezereth : la Cité. Capitale de l'Impéria et du Continent. Duan : 1. Envergure. 2. mesure de long. Une duan = 1 m 65. De dua, voler. Dumn (aï) : l'enveloppé ("gibier"). La bête que l'apprivoiseuse influence et soumet. De dû, dmo, enveloppe. Dûthaï (Epoque) : "Epoque des Prêches" (61ème spirale). (Etymolog. dûthaï : "paroles enveloppantes".) Cette période est marquée par la volonté des hautes dignitaires de l'Adhalique de mettre fin au "relâchement des moeurs" des Espaces Courtois (60ème spirale). Sa figure la plus connue est la théalogienne Trendel qui tenta de rationaliser la foi.
E
Eden (un) : un arbuste au feuillage persistant. Eïtho (un) : sorte de luth à sept cordes accordées en alternant tierces mineures et tierces majeures. (Ex. le luth en la : "la, do, mi, sol, si, ré, fa#".) Elendaï : n. Enfante. Fille, garçon dans l'enfance. Fille ou fils, quel que soit l'âge : mère de trois enfantes. Descendante : les enfantes de Thelaï. Qui est originaire de, qui appartient à la population de : une enfante de Djezereth. Elendon : cérémonie d'initiation qui révèle aux fillettes les mystères de la yulhane et les élève ainsi au rang d'adulte égale aux autres. Emshed : ramassage traditionnel de coquillages commençant à une date précise. (Em, un coquillage typique des plages de Tamyan. Shed, ramasser.) Endu : la Tour (à Sun) d'où la Cheffe de l'Adhalique Minoyenne (la Shuntnô) exerce son pouvoir. (Voir Utshin.) Enduthi : la "Parole de la Tour", texte sacré de l'Adhalique Minoyenne, écrite en tamaïon. (Voir Tamanarev.) Eneyed (les) : société primitive décrite par Seyad dans son étude sur l'initiation des enfantes. (Voir Ayudin.) Enim : 1. Père Fertilisateur de la Famille (traditionnellement). Père génétique. (Voir Detim.) Ayon éduqué pour sa beauté. 2. Fertilisateur au sens large. Le mot enim vient de la basse-tamanarane, agnin, source ou de la djezerane ancienne, Nym, Dieu-lune. Enimeyè : réunion d'échange des enim. Enimoï : maison des enim ; lieu de formation des enim à leur rôle ayonin. Ensaï : coeur sacré du temple où se dresse l'autel et la statue de Déesse. Eydin : seuil. Terme technique d'apprivoiseuse qui désigne la limite supérieure ou inférieure à ne pas franchir lorsqu'on modifie les émotions de quelqu'une. Si l'on accentue ou diminue trop un sentiment la "victime" prend conscience qu'elle est manipulée. "Lire" une psychosphère privée et en décoder les multiples seuils demande une longue pratique. Ezenett : Celle-qui-ne-peut-être-dite, et qui protège la Conscience des addenan (adden-an : autres-moi).
F
Feï : ayon de l'Etendue, Mère des Six Géantes. Dans le Shadni.
G
Gadshin (les) : prêtresses initiées de Lemni, Déesse de la Connaissance, dans la mythologie tamyane (Voir Shadni.) Générique : adj. Qui concerne les deux genres, les deux sexes. Goneyu : puton. Vulg. Var. de gonoï. Prostitué. Ayon de moeurs faciles. (Plur. goneyum.) Goneyum (bars à) : Voir Goneyu. Grandes Intendantes : officielles de l'Impéria (fonctionnaires) issues de l'Ecole Impériale. Finesse d'élite de l'Impératrice. Gynandre (une) : qui possède les deux sexes (bisexuée) par opposition à yenyon, sans sexe (asexuée).
H
Haut Conseil (de l'Impéria) : composé de 20 Conseillères Hautes choisies par tirage au sort et présidé par l'Impératrice. (10 Grandes Dames, 3 représ. du Yi, 3 représ. de l'Adh. Thalienne, 4 représ. des 4 ligues du Cinquième Laborieux.)
I
Influence Rouge (3ème Grande) : la terrible Influence Rouge de 5032 combattue par Nun Y Shun la Grande. (Voir Yi.) Issa, issun : elle, elles. Issan, issaïn : "elle", "elles" (coi). Ithayan : un des noms de Déesse. (Voir Ayan.) Iyish : la Diablesse, la Démone. (Voir Utshin.)
K
Kyen : jeu de société.
L
Lempun : n. y. Cavale. Quadrupède qui sert à la yulhane de monture. Lempuni : n. a. Mâle de la cavale. Lhassi : petite mammifère du pays de Thod dont on tire une huile utilisée comme combustible pour les lampes à huile. Lhon : n. y. Ourse. Grande mammifère carnivore, au corps lourd, à la fourrure épaisse. Lhonyu : n. a. Mâle de l'ourse. Li : 1. Lumière. 2. Gaie, lumineuse. 3. avec une maj. Le nom d'une des cinq disciples de Shadulha. (Voir Yan Li.) Losange (faire le signe du) : 1. Geste rituel des adhaliques, dessinant un losange. Faire le signe du losange en pénétrant dans un temple ou former avec les mains, des pouces et des index, le losange autour du nombril. 2. Représentation symbolique de la danse de la soleille. 3. Représentation symbolique de l'influence (le yi). 4. Symbole sacré de Celle que les initiées appellent Ayan, la Voix, de l'Appel absolu auquel on ne peut rester sourde et à quoi toute chose, partout, répond. 5. Pour les zenièh, le losange est plus qu'un symbole. Elles nomment cela : une "forme-action". Former le losange équivaut à créer une ouverture sur l'étendue qui appelle les énergies et les focalise de telle sorte qu'elles |