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Le journal d'une Yulhane
"Je vois passer un groupe de jeunes fils rieurs, jolis comme des poulains, à la touchante maladresse. Leurs voix sont encore vertes mais déjà de chaudes et basses inflexions annoncent la sensualité de l'ayon 1 fait. Combien ces graves accents ont de charme ! Irrésistiblement ils évoquent la volupté. Nos voix aiguës leur indiquent les subtiles hauteurs de la conscience. Leurs graves accents nous ouvrent les abîmes du corps et nous rapprochent du sol aux sourdes vibrations. [...] Ma contemplation n'en est que plus émerveillée et purifiée par une pitié profonde. L'ayon n'a qu'un seul bien, sa beauté, que l'étendue flétrit impitoyablement en peu de saisons. A moins de trente cercles, il s'alourdit, s'empâte, doit combattre plus intensivement contre la pilosité envahissante, commence à perdre ses cheveux, à s'épaissir du ventre, à se dessécher des cuisses, etc... S'il cherche à combattre cet affaissement général, il attrape du muscle qui le bosselle et durcit, l'enlaidit d'une autre manière. La part que lui a concédé Déesse n'est pas la meilleure..."
1 Faire "chanter" le n.
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